Edito
Aly Keïta & Friends
featuring Dobet Gnahoré, Boris Tchango, Pierre Vaiana et Clive Govinden.

Les terres sur lesquelles évoluent ces musiques qu’on dit être du monde sont des terrains où s’épanouissent mille échanges et rencontres entre musiciens. Certaines de ces expériences sont spontanées et évidentes, d’autres sentent le coup monté et la recherche d’exotisme. Aly Keïta ne tombe pas dans ce piège Certaines de ces expériences sont spontanées et évidentes, d’autres sentent le coup monté et la recherche d’exotisme. Aly Keïta ne tombe pas dans ce piège d’une world music facile pour festival chamarré. Au contraire, il suit cet élan naturel qui le pousse depuis longtemps déjà à jouer aux côtés de musiciens tels que Dhruba Ghosh, Omar Sosa, Paolo Fresu, Trilok Gurtu, Joe Zawinul et beaucoup d’autres. Ici encore, il sait que son balafon tiendra exactement son rôle dans un projet où peuvent se rencontrer une Afrique multiple et un jazz conscient et respectueux de ses sources. La musique s’enclenche alors avec ce mélange de volupté et d’urgence propre aux musiciens dont le propos se conscient et respectueux de ses sources. La musique s’enclenche alors avec ce mélange de volupté et d’urgence propre aux musiciens dont le propos se débarrasse de tout bavardage au profit d’une communication dans le plaisir.
Soulignons d’abord le son de ce balafon.
Aly Keïta vous fait tantôt de la dentelle, façon harmonica de verres jouant Mozart, et tantôt vous emmène en brousse à la découverte de rythmes initiatiques. Là-dessus vient planer, avec une certaine tendresse mélodique, le saxophone de Pierre Vaiana très à l’aise en ce voyage. Et lorsque la section rythmique fait son entrée, la basse avec une certaine tendresse mélodique, le saxophone de Pierre Vaiana très à l’aise en ce voyage. Et lorsque la section rythmique fait son entrée, la basse sensuelle de Manou Gallo enrobe l’excellente polyrythmie de la batterie de Boris Tchango. Alors survient, cerise sur le gâteau, la voix intense et la sensuelle de Manou Gallo enrobe l’excellente polyrythmie de la batterie de Boris Tchango. Alors survient, cerise sur le gâteau, la voix intense et la souplesse féline de Dobet Gnahoré. C’est la voix de toute l’Afrique qui rejoint le Togo, la Côte d’Ivoire, le Mali et la Belgique des autres et tout ce que chacun a retenu de ses voyages physiques ou musicaux : un savoir-faire, un sens de l’écoute, une idée de ce que sont les musiques populaires vivantes et vibrantes.
Pop musique internationale, world music conceptuelle, musique traditionnelle en mouvement, fusion, ethno-jazz, afro pop... ?
C’est sans doute beaucoup plus simple que ces étiquettes préfabriquées lorsque, comme ici, une poignée de musiciens se regroupent pour jouer et chanter ce que leurs vies différentes leur ont apporté de commun : un regard sur le monde, une touche d’espoir, une sorte d’engagement, une dénonciation commune de certains abus, leur ont apporté de commun : un regard sur le monde, une touche d’espoir, une sorte d’engagement, une dénonciation commune de certains abus, leur ont apporté de commun : un regard sur le monde, une touche d’espoir, d’injustices criantes, d’images de lâcheté humaine... Quand Dobet Gnahoré pousse la voix, dans la langue de son choix, pour hurler avec dignité ce qui la d’injustices criantes, d’images de lâcheté humaine... Quand Dobet Gnahoré pousse la voix, dans la langue de son choix, pour hurler avec dignité ce qui la trouble, ce qui la motive autant que ce qui la rend émotive ; croyez-moi, tous pousse la voix, dans la langue de son choix, pour hurler avec dignité ce qui la trouble, ce qui la motive autant que ce qui la rend émotive ; croyez-moi, tous les musiciens se serrent pour servir cette voix et ce chant du monde souvent soutenu d’une danse qui trahit sans doute le déchirement intérieur.
Et quand on écoute ce groupe et qu’on y pense, on voit l’image d’un convoi sans wagons ; tous sont locomotives, tous tirent et poussent ce projet avec la même force et la même motivation. Il est impossible d’y déceler une vedette effaçant les autres ; chacun joue, personne ne se la joue. Et chacun joue pour la même idée, le même but. Le plus simple en fait : partager une vedette effaçant les autres ; chacun joue, personne ne se la joue. Et chacun joue pour la même idée, le même but. Le plus simple en fait : partager une vedette effaçant les autres ; chacun joue, personne ne se la joue.
Le plus simple en fait : partager une énorme envie de musique et la rendre partageable avec tous les publics possibles. C’est ce qui arrive lorsqu’on est capable de faire abstraction de sa carrière personnelle au profit de projets où musique et ego ne font pas bon possibles. C’est ce qui arrive lorsqu’on est capable de faire abstraction de sa carrière personnelle au profit de projets où musique et ego ne font pas bon ménage.
Apparemment ces cinq musiciens et chanteurs ont fait ce choix, un choix qui porte et que sentira le public.
Etienne Bours